CÉLINE (Technorama) [ITW]

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Ces derniers mois, on a pu croiser Céline, du label Technorama, dans tous les lieux et les soirées hype de Paris : par exemple, on l’a vue jouer plusieurs fois à la Station – Gare des Mines l’été dernier, elle était invitée à la Wet for Me par le collectif Polychrome en novembre dernier, on l’avait entendue à la teuf dingue organisée par le Cady Club et la Wild dans un atelier de percussion aux portes de Paris début janvier, à la Dynamiterie à Mains d’Œuvres en mars, etc… C’est encore au côté des Wildos qu’on la retrouvera ce vendredi puisque Technorama s’associe à la Wild pour donner naissance à la Wild-O-Rama, une soirée qui aura lieu au Flow le 7 avril. Pour patienter, nous avons rencontré Céline dans un bar bondé, caché au fond d’une pizzeria.

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Pendant longtemps, nous n’entendions pas trop parler de toi, et là, on te voit dans plein de grosses soirées et ça a piqué notre curiosité, ça a l’air d’une période qui marche bien pour toi là…

En effet, ça marche plutôt pas mal ! Beaucoup de collectifs ou promoteurs m’invitent à jouer, ce qui me fait bien sûr extrêmement plaisir… Aussi, je me suis rendue beaucoup plus disponible, j’ai décidé et pu consacrer plus de temps à la musique. Il faut dire qu’il y a eu aussi la création de la Station – Gare des mines, qui m’a donné un gros coup de pouce l’été dernier.

C’est même un lieu qui a impulsé une nouvelle dynamique sur la façon d’envisager les soirées…

Ce qui est génial à la Station, c’est qu’ils ont une programmation très éclectique et alternative… ce que j’adore… ce qui est plutôt rare à Paris dans la durée. J’ai joué à la Station, aussi bien des samedis, dimanches ou jeudis, en mode clubbing ou en format concert… J’y ai joué 5 fois dans la période estivale 2016 et parfois j’ai pu jouer dans des soirées exclusivement techno, comme la BP, mais j’ai été également programmée à la suite de groupes émergents, allant du post punk au rock indé… Même pour le closing, j’ai joué après un groupe… C’est quelque chose que j’aime bien, tu ne poses pas ton son de la même façon.

Quand les gens parlent de toi, ils parlent de Céline Technorama. Tu apparais comme indissociable du label… T’en penses quoi ?

J’ai toujours eu du mal à choisir un nom d’artiste, les gens connaissent Technorama, et pour ceux qui me suivent, je suis Céline de Technorama, et c’est resté. De surcroît, le nom de mon profil Facebook est Céline Technorama… du coup tout le monde m’appelle ainsi!

Comment est-ce que tu es arrivée à la musique électronique ? Comment tu t’es mise à mixer ?

La musique, c’est quelque chose qui est en moi depuis toujours. À la base, j’étais danseuse, et c’est un art complètement lié à la musique ! A l’âge de 8 ans, je suis rentrée au conservatoire de danse classique. Au conservatoire, j’ai fait du solfège, je faisais également de la flûte traversière. La danse contemporaine a été aussi très importante dans mon parcours, et l’est toujours d’ailleurs ! Puis j’ai découvert la musique électronique. Même si j’en avais déjà un peu écouté grâce à mon père, à la radio j’ai entendu un son qui m’a littéralement scotché ! C’était à Radio Nova, c’était un morceau de jungle… À ce moment-là, je me suis intéressée avec passion de plus en plus à la musique électronique, à ce milieu-là… J’ai rencontré une DJ anglaise. Elle avait un lieu alternatif à Paris où je passais de la musique, plutôt expérimental, electronica… en mode selector. Elle et son acolyte me motivaient à fond de me mettre au Djing…  Elle m’a donné ses vieilles platines à courroie. Je me revois me les trimballer dans Paris, au final je les ai gardées très peu de temps… ça m’a donné le virus… au bout de deux trois mois, je m’achetais des MK2 !

Et ensuite, il y a eu Technorama ?

Oui, ensuite, très peu de temps après, j’ai rencontré Jérôme (Dj Jee), et on a créé les soirées Technorama. La toute première a eu lieu à la Scène Bastille (le Badaboum aujourd’hui), puis direct après il y a eu nos résidences au Batofar et au Rex et tout un tas d’autres soirées… Puis le label, courant 2012… Quand on organisait ces soirées, nous avons booké beaucoup d’artistes internationaux qui n’avaient jamais joué à Paris comme Kink, Shinedoe ou Shawn Rudiman… Nous avons notamment aussi programmé pas mal de Djs de Détroit, comme Dj Bone, Octave One, Aux 88, etc… Ça a marché du feu de dieu ! C’est comme ça qu’on a commencé à se faire une réputation.


La musique, c’est une passion ?

Oui, depuis toujours ! D’ailleurs, étant petite, dès l’âge de 7 ans, j’avais déjà une platine vinyle dans ma chambre. Très jeune, j’ai commencé à acheter et collectionner des vinyles de tous styles différents, et un peu plus tard, des vinyles soit très techno, drum and bass, electronica, soit de musiques plus expé, concrète, électro-acoustique etc. Par ailleurs, depuis très jeune, je vais à d’innombrables concerts de toutes sortes… Par exemple, je suis allée beaucoup aux Instants Chavirés à Montreuil; encore maintenant. Je cite ce lieu car j’ai pu y écouter tellement de sons qui m’ont marqués. Tout ça, ainsi que les influences que j’avais à la maison (parce que mon père était mélomane), et bien sûr mon expérience au conservatoire et en danse… ont fait mon éducation musicale !

Toi, tu mixes essentiellement sur vinyle… Comment ça se fait ?

Je ne sais pas trop comment l’expliquer, mais je suis très sensible à ça, j’aime le toucher du vinyle, c’est quelque chose de physique. De plus, mixer sur vinyle, c’est sans doute un peu plus de l’ordre de la performance. C’est aussi peut-être lié à ma passion pour la danse, j’ai besoin d’une performance à la fois plus visuelle et plus dans le mouvement…

Est-ce qu’il y a des lieux ou des soirées qui te font encore rêver ?

Oui, bien sûr ! Il y a une telle profusion de soirées intéressantes et créatives, tant au niveau musical que scénographique…

En outre, tout un tas de soirées sont tout à fait exaltantes pour moi en m’invitant à jouer, en me permettant ainsi de m’exprimer musicalement, de partager la musique que j’aime, de faire kiffer et de faire danser le public ! C’est un réel plaisir si intense !

Ce qui fût également hyper jouissif, c’est la presta de notre nouveau projet avec mon acolyte de son, Rémi, le 16 mars dernier lors de la Jam de la Casserole à la Petite Halle; nouveau projet live qui allie synthés analogiques et mix vinyles !

Et… qu’est-ce qu’on écoute SousLaJupe ?

Une multitude de sons ! Voici quelques morceaux écoutés entre hier et aujourd’hui

Leslie

Scribouillarde hyperactive