Fin de nuit au O’Sullivans

Un article de Pauline. Rangé dans le tiroir Manger-bouger

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Publié le 24 avril, 2012 - 2 réactions

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Une soirée pénible à la Machine du Moulin Rouge, la clôture du festival Les Femmes s’en mêlent. A part celui de nos adorés Light Asylum, les concerts sont sans intérêt, l’espace mal exploité, la foule un peu agressive. L’ennui nous gagne, il est 4h, on veut partir. Fin de mois oblige, impossible de prendre un taxi, le coût de la course, ce serait deux jours sans manger. Grosse flemme de prendre le bus de nuit, plus d’une heure avant l’ouverture du métro, soyons fous, allons au O’Sullivans!

L'entrée du temple de la vie nocturne d'une partie inconnue de population parisienne

Pour les non-initiés, le O’Sullivans, c’est une sorte de pub irlandais tellement international que le site internet est rédigé en anglais. Point culminant des Grands Boulevard, on le retrouve aussi dans le quartier de Pigalle, où nous étions. Idéal les soirs de match, repère des touristes anglo-saxons souffrant du mal du pays, temple de la Saint Patrick, le O’Sullivans sent la bière et l’after shave. Composé à 80% d’étrangers, on y trouve aussi pas mal de garçons hétéros célibataires venus chasser la demoiselle.

Fond sonore : "I want to make love right now - Akon"

Est-ce snob de considérer le fait de sortir faire la fête au O’Sullivans comme une chose un peu folle, dont on se souviendra longtemps en rigolant ? Peut-être. Il n’empêche qu’on finit tous par développer nos habitudes nocturnes, et danser sur les Black Eyed Peas, reprendre en choeur des refrains de David Guetta comme si on était au stade, ça ne fait pas partie des nôtres. Notre genre à nous, c’est plutôt examiner à la loupe la programmation des samedis soir, checker le Soundcloud des artistes avant de sortir, choisir avec minutie les clubs selon un nombre de critères bien précis. C’est peut-être le genre hipster vieux con, je sais pas. Possible qu’on passe à côté de l’aspect libérateur des lieux fédérateurs parisiens. Quoi qu’il en soit, nous n’étions jamais allé au O’Sullivans du boulevard de Clichy.

 

De jeunes mâles australiens en pleine chasse + 3 grammes. Fond sonore: "call on me"

A l’entrée, l’espace fumeurs est bondé, les vigiles un peu excités : on se dit qu’à 4h, avec notre mine de déterrés, ça sera peut-être difficile de rentrer. En fait non, un coup de tampon au poignet, on pénètre dans un bar immense, avec dans le fond une piste de danse encore plus grande. Soundsystem très correct, volume bien réglé, c’est un morceau de Rn’b qui nous accueille, le genre de truc que tu as déjà écouté 100 fois au supermarché ou à la radio sans jamais vouloir savoir ce que c’était. On se marre, on commence à danser. On rejoint la foule, et un garçon vient déjà se coller à nous, puis deux, puis trois. Un grand à perruque frisée entame quelques pas de salsa avec nous, et même s’il des airs de Slash, c’est, au fond, assez flatteur. Ou plutôt ça change des garçons des Souffleurs ou de la Flash Cocotte.

 

Fornication envisageable. O'sullivans, les hétérosexuels choppent mais avant se touchent les bras.

 

Le Dj enchaîne les tubes NRJ (on les aura tous, même deux fois pour certains) mais on a de la chance, il n’est pas du genre causeur (rien de pire que les Djs causeurs). Les lumières stroboscopiques se promènent sur les garçons aux tee-shirts moulants et sur les filles à mini jupes, pendant que d’autres commencent leur nuit sur les fauteuils défoncés. Une fille esquisse des mouvements de gym suédoise sur le podium, elle nous fait rire, on va lui tenir compagnie.

Au fond, le O’Sullivans, c’est différent de ce qu’on avait imaginé. Le brassage de cultures est tel qu’il y règne une ambiance plutôt bon enfant, avec des styles assez mixtes. D’ailleurs, un jeune Australien vient nous parler. Plusieurs taches de cocktails variés (au moins un blue lagon et un cosmo, au vue des couleurs) parsèment sa chemise blanche cintrée, mais sa confiance en lui, elle, reste intacte. « French girls are crazy » qu’il nous dit. Pas la meilleure entrée en matière en terme de drague, mais il est mignon, on lui accorde une danse so typically french sur « French Cancan / Monsieur sainte nitouche », nominé aux Victoires de la musique s’il vous plait. De la bonne, quoi. Heureux de lui avoir appris les bases de Français rudimentaires (« Coco Chanel chocolat » par exemple), on lâchera néanmoins l’affaire au bout d’un quart d’heure de dialogue de sourds dû à l’accent de l’Outback, aux cocktails, et à la fatigue.

 

Dress code : noeud de papillon et oreilles de lapin. Pan pan.

 

Finalement, l’heure du premier métro est arrivée, et même dépassée. Pas sûr qu’on revienne de si tôt au O’Sullivans et ses soirées Playboy, mais une certitude : la nuit a mieux fini qu’elle n’avait commencée. Des nouvelles têtes, une franche rigolade, et pas mal de préjugés mis de côté. Prochaine étape : le Métropolis à Rungis ?

 

 

 

A propos de Pauline

Fille illégitime de David Lynch et de Samantha Fox / Ne serait rien sans son perfecto / Rêve de faire du pôle dance en costume de panda / "Music was my first love"

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2 réactions

2 réactions pour Fin de nuit au O’Sullivans. Donne ton avis ! ?

  1. ahaha, pas mal l’article! nous n’avons pas pu rentrer 10 minutes après!!

  2. Vieille meuf.

Réagis !

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