Have we met ? Stephen des Aulnois, musique perverse

Un article écrit par

 

Stephen des Aulnois, aka Gonzo (ou @desgonzo), n’est pas seulement le fondateur du site « culture porn » Le Tag Parfait, ni le pseudo Twitter qui balance des instafood et des hashtag #foodporn plus vite que son ombre. C’est aussi un fanatique de musique, qui te fait danser les vendredi et jeudi soirs au Carmen ou au Sans Souci, et qui, les autres jours, s’occupe des bandes sons de ton intimité. Ses playlists Dirty Minds, condensées de deep house moite, de soupirs suaves, de riffs électriques et de beats pénétrants, sont autant de découvertes musicales que de boîtes à fantasmes.

h

Pour Gonzo, « musique perverse » et porn, c’est la même histoire. Tout comme la bouffe. Des réservoirs inépuisables de sensations, d’émotions, de coups de poings ou de douceurs. Alors il mixe tout ça sur son site hédoniste, et dans son mode de vie. Du bon vin, des belles filles, de la musique, une bonne connexion Internet, et la vie peut continuer…

Pour la petite histoire, Stephen est né en musique, du classique. Il en écoutait même dans le ventre de sa mère. Ensuite, sont arrivés Michael Jackson, Genesis, et Francis Cabrel, qu’il savourait, petit garçon, les bouclettes blotties dans son casque jaune et noir. Son premier porno remonte à la 5ème : un film bizarre sur Canal, qui se passe à l’époque préhistorique. Un début un peu laborieux, jusqu’à la 4ème, où papa s’abonne à internet : La révolution ! Des corps défilent, se mêlent, et restent gravés dans son esprit.

j

Gonzo, c’est aussi une écriture. Depuis une quinzaine d’années, de blogs en blogs, il a développé une « écriture à l’oreille », raffinée et catchy, composée de « mots qui sonnent ». C’est aussi ça qui explique le succès fulgurant du Tag : Une esthétique soignée, réfléchie, et une langue sophistiquée pour exprimer le plus cru. Un univers « safe », pour qu’on puisse tous lire les contenus du site à la fac, ou en open space.

e

Autour d’un White Russian que n’aurait pas renié Lebowski, Stephen nous a tout raconté sur son amour pour la musique, et sur les sons qui l’excitent en ce moment.

o

lCapture d’écran 2013-03-04 à 23.52.00

l

L’histoire du Tag Parfait, c’est quoi ? Comment tu expliques ce succès aussi rapide ?

Au départ c’est mon projet, et une bande de potes journalistes m’a suivi, il y a deux ans et demi. A l’origine, c’était vraiment pour rigoler, mais en fait dès le début ça a plutôt bien marché. Les rédacteurs étaient tous très actifs sur Twitter, du coup avec cette petite audience constituée, on est monté à 1000 visiteurs dès le premier jour, ce qui est plutôt rare ! Et en 2010, le public de Twitter était plutôt des gens des médias, de la com’, ce qui correspondait à peu près à notre cible, donc c’est bien tombé. Aujourd’hui toujours, on a une communauté très active sur Twitter.

jp 

Pourquoi as-tu choisi de monter ton blog, et pas de devenir plus simplement journaliste ?

Parce que ma passion, c’est la musique ! Ma formation, c’est ingénieur du son. Par contre, c’est vrai, j’ai toujours écrit, j’ai tenu des blogs très tôt, dans lesquels j’écrivais de façon très intuitive, sans aucune technique. Mais déjà, le premier blog était très cul, il s’appelait « Musique perverse pour personne perverse » ! A l’époque, on était très peu à avoir des Audioblogs, du coup on se connaissait tous, et voilà, j’ai été pris dans la vague !

bj

La musique, c’est vrai qu’elle a une place de plus en plus importante dans Le Tag. Comment tu expliques cette ligne éditoriale ? 

Ben moi je nourris une obsession pour la musique et pour la bouffe, tout comme pour les femmes, le sexe, tout ce qui est lié au plaisir. Des choses très organiques. En fait c’est assez logique pour moi, j’ai même eu lidée de monter un restau à un moment ! J’ai quatre passions, dans l’ordre : la musique, le sexe, la bouffe, et Internet !

dk

j

Entre voir et écouter qu’est ce qui t’excite le plus ?

Je dirais écouter. C’est difficile de répondre mais je peux tomber complètement dingue d’une voix, d’une intonation, ou d’une phrase, que je me répète comme un mantra dans ma tête.

k

Du coup la musique utilisée dans le porno, ça doit te rendre malade ?

En effet ! D’ailleurs c’est très drôle car sur le Tag on parle beaucoup de musique, alors que, à part quelques BO des 70’s, ou une poignée de compositeurs, il y a très peu de choses intéressantes dans le porno, en termes musicaux, voir rien ! Le problème est tjs le même aujourd’hui. Le budget des films est tellement bas, ça ne viendrait même pas à l’esprit des équipes de penser à la bande son.

 

Tu écoutes donc de la musique à côté, quand tu mates un porno ?

Ah ça, oui ! J’ai un bon paquet de playlists ! Tu mets n’importe quelle musique un peu tendue, minimale, qui prend pas trop de place, ça crée une tension incroyable et ça donne beaucoup plus de force à l’image. Malheureusement l’industrie porno est encore très normée, il est censé n’y avoir de la musique qu’au début des films, puis plus rien du tout. C’est vraiment dommage je connais pas mal de gens qui attendent que ça, composer de la musique pour des pornos ! Des gens comme Renart, David Shaw, qui font des choses très sensuelles, très organiques.

j

mh

Vous comptez remédier à ça, avec le Tag Parfait ?

Avec nos soirées, on essaie d’amener une couleur musicale sexuelle, ou plutôt sensuelle, une musique qui évoque les corps, la danse. Quelque chose d’assez pervers, de jouissif, qui donne envie que ça explose, et que tout le monde se mette à poil !

k

Qu’est ce qui fait, pour toi, qu’une musique est sexy ?

C’est une musique perverse justement. Quelque chose qui ne rassure pas, qui n’est pas dans la facilité. Pour moi, une musique rassurante de base, c’est Lou Doillon : un truc bien chiant ! Moi je veux être en danger : que ça me fasse réagir, planer, que ça me défonce la tête, ou que ce soit absolument sublime. Le principal, c’est qu’une musique provoque une réaction chez moi, quelle qu’elle soit.

Sinon ce que j’aime, c’est les sons bien sales, voir malsains. Des musiques qui te donnent envie de faire des conneries, que ça me provoque un truc au niveau du bassin… que ça me donne envie de baiser, quoi !

j

C’est quoi tes morceaux les plus pervers justement ?

Jon Spencer, c’est l’évidence. Funkadelic évidemment, Fela Kuti, et dans un autre registre Matthew Dear. Après je suis en pleine période Deep House en ce moment.

h

Et ta première expérience avec l’électro ?

Vers 1996, avec tout ce qui est Prodigy, Chemicals Brothers… J’avais à l’époque une culture rock, et je pouvais retrouver chez ces artistes la même énergie, avec une écriture un peu pop. Ensuite il y a eu la révélation Daft Punk. Pour moi, Homework est le meilleur album des années 90. Cette façon d’amener la techno de Détroit de manière populaire, dans le bon sens du terme. J’avais aussi une obsession pour tout ce qui est rave, même si j’y suis jamais vraiment allé. Mais très tôt, j’ai été fasciné par le pouvoir de la musique de te faire basculer dans un autre état, dans un autre monde. La danse aussi est quelque chose de très important pour moi. Un autre déclic, ça a été de danser bourré sur Flashback de Laurent Garnier. Je suis entré en transe totale, et j’ai compris que cette musique était bien plus complexe et intéressante que je l’imaginais, avec ce rapport physique qu’elle implique. C’est ça que j’aime bien chez les DJs, cette capacité à mélanger des tonnes de sons pour en faire quelque chose de vraiment transcendant.

l

j

Justement, qu’est-ce qui t’a amené au DJing ?

La première fois que j’ai passé des disques, c’était au Truskel. Je remplaçais Vincent Glad, un bon pote de blog, qui avait un souci technique. Et comme j’avais apporté mes disques au cas où, j’ai commencé comme ça, et les gens ont dansé !

j

Ta position favorite quand tu mixes ?

Mon truc en ce moment, c’est faire des vagues avec la main, je me suis rendu compte que je le faisais tout le temps! Sinon je bouge pas mal mon bassin sous la table, mais ça, personne ne le voit !

j

Photo : Valentin Le Cron
Photo : Valentin Le Cron

j

Pour finir : tu préfères quoi sous la jupe ?!

Ce que je préfère, c’est juste la zone de peau entre le bas et la culotte. Quand tu passes la main à cet endroit, c’est tout à fait délicieux ! (ndlr : c’est presque la même réponse que David Shaw, son coup de coeur de la rentrée)



 bloody mary fin

 

Bonus : Le portrait chinois du porn, par Gonzo

Si le porn était un aliment ? Le carpaccio

Une célébrité ? Manuel Ferrara

Une oeuvre d’art ? Le Déjeuner sur l’herbe

Une couleur ? le rose, même si c’est terriblement banal…

Un élément ? le feu

Un meuble ? un canapé

Une boisson ? le Bloody Mary !

Une musique ? L’album Black City de Matthew Dear

k

Une nuit avec le Tag Parfait

h

Son actu :

La sortie en février dernier de la compile « Une Nuit avec le Tag Parfait »

2 Fap Clubs en province :

Le 21 Mars à Rennes (Le Moon Station)

Le 22 Mars à Angers  (La Péniche)