Sous La Jupe Webzine Paris

Priscilla, a queer for my dessert.

Un article de Camille. Rangé dans le tiroir Cuir

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Publié le 21 février, 2012 - Pas de réaction

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Adeptes des soirées GLBT , de la combinaison bustier-talon-paillette sur fond d’œil charbonneux ou plus simplement des ambiances délicieusement subversives, voilà un plan à plus de trois qui va devrait vous plaire : la deuxième édition de la soirée « Priscilla retourne-moi » a eu lieu à l’Olympic Café, rue Léon dans le 18ème, nous y étions.

Ambiance: l’Olympic Café, pour commencer.

Un petit bar planqué dans les tréfonds de la Goutte d’Or parisienne, qui rassemble ce(ux) que la ville compte de populaire, multiculturel, et alternatif, proposant planteur maison, mafé delux et salle de concert en sous-sol, le tout évidemment pour peu cher. Un bijou du genre, dans lequel on pénètre avec l’impression relativement jouissive d’entrer dans l’un des rares endroits un tant soit peu authentiquement marginal de la capitale.
L’atmosphère est joyeuse et le bar blindé, mêlant « quartisards » et néo-rasta sur fond d’arty-minet en voie d’hipsterisation légère. Sympa, mais jusque là rien d’extrêmement transcendant, si ce n’est une bonne adresse encore relativement protégée de la faune nocturne parisienne et ses relents de boboïsation.

Sauf que ce soir, l’Olympic se veut résolument polymorphe, en témoignent les allers et venues d’une meute excentrique, tous faux-cils dehors, qui circule entre les deux niveaux de l’endroit. Une schizophrénie des genres qui éveille la curiosité.

L’escalier mène à un sous-sol sombre et spacieux. Des créatures longilignes à la voix grave enrobées de bas résilles s’agitent au milieu de punkettes aux yeux aguicheurs et de dandys désabusés perdus dans la fumée de cigarette. La scène est prise d’assaut par qui veut se la partager, à l’heure actuelle, un beau mec en déshabillé de mousseline noire s’éclate sur un medley de hip-hop énervé. Sur votre gauche une fille au seins nus et pantalon de cuir chauffe un mec qui la mate langoureusement tandis qu’à côté d’elle un grand black en robe Marilyn rouge s’essaye aux claquettes sous les yeux amusés d’une meuf en micro jupe et tee-shirt Mickey. Le dress-code était clair, venez « nu ou presque sous fourrure (ou moumoute pour les veggies) ».

A chacun sa ré-interprétation de la nudité, et bienvenue chez Priscilla!

Votre hôte est ravie de vous recevoir du haut de ses 20cm de talons aiguille pour partager ce melting-pot excité de genres transversaux, qui vous…retournera !
Et c’est exactement ce qu’à cherché à faire Jérôme Zilw, organisateur de l’évènement, lorsqu’il a lancé la première de « Priscilla, retourne-moi » en novembre dernier.
Retourner les codes et les préjugés le temps d’une soirée délirante où amusement s’accorde avec subversion et réflexion. Mélanger les genres, les gens, mixer les sons et les idées pour donner à rire et à réfléchir, le tout inscrit dans une mouvance libertaire aux accents dadaïstes, telles sont les lignes de conduites de Priscilla.

L’idée est simple: créer un événement qui donne aux différentes communautés sexuellement alternatives, ainsi qu’ à celles qui le sont moins, l’occasion de se côtoyer et de partager un moment de folie bienveillante. La soirée propose des performances arty, théâtrales ou musicales, qui s’ensuivent de quelques heures d’exutoire excentrique sur fond de scène ouverte au mimioké, transformistes, danseurs amateurs, en tout genre bien sûr. En novembre, les artistes de VoindeVoin et White and Sticky étaient au rendez-vous. Ce mois-ci c’est l’artiste photo/graphiste (censo)red qui était de la partie.

Influencé par la scène queer arty montréalaise et la jungle sexuée berlinoise, l’évènement questionne et remet en cause nos propres limites.

Faut-il être trans pour se sentir à l’aise dans une soirée trans ou lesbienne tatouée pour s’éclater dans une soirée chatte ?

L’évènement met en lumière les clivages communautaires qui sont encore bien présent dans nos  sages nuits parisiennes. A travers des collectifs tels que Pounchd , qui rassemble artistes, poètes, cinéastes, et d’autres associations telles que Derrière La Porte, une organisation de soutien aux transsexuels, Priscilla s’inscrit dans une programmation plus globale de débat et d’échange, qui vise à mélanger les différentes communautés queer autour de conférences, de concerts et de soirées, pour repousser, relier, questionner.
Une ébauche de débauche bonne ambiance pour qui cherche à froisser l’étole d’une capitale un peu trop repassée.

Priscilla, nous on y retournera.

Prochaine soirée le mois prochain, rendez-vous rue Léon en bustier olympic !

 

A propos de Camille

Nomade urbaine en transhumance éclectique, elle a délaissé yourte et yak le temps d'un paris extatique. L'esprit curieux et l'humeur lunatique, elle vole au vent son odeur de malice.

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