
Une fête géante dont on entendait parler depuis des mois à coup de grosse com’ de masse, une prog alléchante avec Azari & III, Richie Hawtin, Seth Troxler et Maya Jane Coles, et une forte envie de participer à une fameuse We Love. L’excitation était à son comble quand nous nous sommes dirigés Porte de Versailles, notre déception l’a été tout autant.
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Boulimiques d’événements musicaux, culturels, électro, techno de Paris et d’Europe, nous n’étions pourtant jamais allés aux We Love. Trop bling bling, parfois trop mainstream, d’après de nombreux échos, mais surtout trop chères, aux yeux asséchés de nos portes-monnaies d’étudiants. Et puis on a grandis, on a gagné des salaires à quatre chiffres. Et puis il y a eu le Bal Blanc, organisé par We Love Art en partenariat avec The Creators Project : un cadre exclusif avec les installations de Daniel Buren au Grand Palais, un nombre de places très limité, une programmation étonnante mais cohérente avec Jamie X, Four Tet et Caribou, et surtout une vraie maîtrise de la sono et de la scénographie. Et enfin, il y a eu les lunettes kaléidoscopiques distribuées en ce même lieu en guise de flyer pour le festival Rêverie. Une idée originale, qui a immédiatement emballée les enfants du marketing que nous sommes. On s’est dit que finalement, les We Love en valaient peut-être la peine, et qu’à 33 euros la place, la soirée serait au moins de qualité.
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On Plante le décors
Deux semaines après, ce samedi 7 juillet, arrivés Porte de Versailles, c’est une boum postbac pour ado en mal de dépravation qui nous attendait. L’impression ressentie devant la centaine de lycéens surexcités qui se pressaient en titubant dans la file d’entrée annonçait déjà une soirée de cauchemars. Cauchemars pour la dizaines de videurs aussi, qui, vraisemblablement à bout de nerfs, la pluie battante n’arrangeant rien, n’avaient pas vraiment l’air de comprendre qu’ils assuraient la sécurité d’une soirée de happy fews et non celle d’un camp de redressement pour multirécidivistes. Si passer les paliers de sécurité en soirée n’est jamais une partie de plaisir, cette fois-ci c’était vraiment une sale histoire.
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La salle est géante, on a du mal à repérer l’emplacement de la scène. Là aussi on nous avait prévenus, c’est après tout assez logique pour ces événements monstres. Deux espèces d’igloos en fer se dressent dans chaque coin, deux arbres morts sont posés à côté, pourquoi pas… On s’attendait quand même à mieux niveau déco. Par contre, impossible de rater le bar qui trône, imposant, au plein milieu : la moindre des choses quand la bouteille de bière est à 7 euros. Côté scène, les mecs d’Azari assurent une prestation assez hallucinante, malheureusement, pas facile de les distinguer à travers les lumières diffuses. Même chose niveau musique, les basses résonnent de manière chaotique partout dans la salle, sûrement pas de façon mélodique dans nos oreilles.
Des frissons à la déception, la dépression nous gagne. Les autres, pourtant, ils ont l’air de s’amuser. En même temps c’est sûr, pour la fille qui t’a bousculé dans les chiottes pour aller vomir de tout son foie et pour le mec qui t’a demandé trois fois de la MD en te tapant avec insistance sur l’épaule, la musique n’est pas la grande priorité. Tu t’es encore fait avoir, en te retrouvant entouré de fils à papa qui sortent en soirée électro et prennent de la coke dans le seul but de reproduire des scènes de la série Skins et être cool. Mec, c’est pas parce que tu vas enfiler des lunettes verte fluo géantes et poster trente Instagram de toi sur Facebook, pose « bras en l’air devant la scène », que tu es une personne branchée. Et meuf, ce n’est pas en déambulant dans la salle en collant résilles et soutien-gorge, clope à la main, poussant le public d’une main nonchalante et l’air blasé, que tu vas attirer l’attention. Ou alors uniquement celui de pauvres gars qui ne pensent qu’à relever ta jupe dans les toilettes, et je t’assure, ça ne se passera pas de façon romantique.
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En même temps, tu t’attendais à quoi, en prenant ta place pour la We Love ?
Sûrement pas une révélation artistique, dont tu aurais parlé avec plein de métaphores filées empruntant de façon hyperbolique les thèmes de la sexualité ou du divin, on est d’accord.
Mais au vu de la programmation et du prix du billet, à un minimum de conscience professionnelle, à une sono acceptable, qui ne résonne pas de façon chaotique dans les 2000 m2 du hangar. A quoi ça sert de payer de telles têtes d’affiche pour ne pas les mettre en valeur ? Le Bal Blanc avait réussi à maîtriser le son au sein du Grand Palais, pari pourtant très compliqué, pourquoi pas cette fois-ci ? Parce que de toute évidence, l’unique but des We Love est de faire dans le grandiloquent (marketing, lieu, line up), pour attirer le plus grand nombre. Quitte à ne faire aucune sélection à l’entrée et prendre le risque de faire dégénérer l’ambiance, quitte à faire nettement baisser la moyenne d’âge de la soirée en laissant rentrer pas mal de mineurs. Parce faire parler d’eux en tant qu’organisateurs qui comptent semble plus important que de faire danser les gens.
pp
Dans l’absolu, ces événements de masse ne nous posent pas particulièrement de problème. Et rendre les musiques électroniques accessibles au plus grand nombre, c’est plutôt une bonne idée. Les Nuits Sonores à Lyon, par exemple, le font très bien, en montant chaque année d’énormes concerts techno en plein centre de la ville, avec une qualité accrue, qui en fait une manifestation respectée de tous, du public comme des professionnels. Pas de problème non plus sur la com’ à outrance, il faut bien rentabiliser son travail. Sauf quand il s’agit d’une communication axée sur le concept de « rave de rêve ». Aucun esprit rave n’était restitué, quant au « rêve », nous n’en avons sûrement pas la même définition. Et de toute évidence, pas de « love » en vue non plus.
jj
C’est toujours délicat de taper sur les orga de soirées, et ce n’est pas forcément ce dont on a envie. Les We Love ont tout de même le mérite de faire vivre, à leur manière, la nuit parisienne en ramenant de beaux acteurs de la scène électro. Pour autant, on ne peut s’empêcher de ressentir le sentiment d’une grande arnaque, comme on a rarement ressenti dans d’autres soirées parisiennes. Il n’y a qu’à regarder du côté des Die Nacht par exemple, où l’entrée ne dépasse pas les 15 euros, où le prix des consos est raisonnable, où une réelle attention est portée sur la scénographie et sur le son. Même si les têtes d’affiches sont moins internationales, on se dit que respecter son public, ce n’est quand même pas si difficile…











12 juillet 2012 at 12 h 58 min
Je partage completement l’opinion du redacteur de cet article. Je suis allé UNE fois à une « we love » à la grande halle de la villette avec tout le crew Mnus (Hawtin, Madga, Pierce) et c’etait du même acabit : un public de cretins qui a rendu la soirée archi nulle.
Une bonne soirée de ttes manières, c’est un bon line-up, une bonne salle, et le public adequat! Il faut bien reconnaitre que le public parisien n’est franchement pas le meilleur. Les gens confondent concert et clubbing, ont le culte des DJ star plutot que de venir rechercher l’extase dans le son… etc etc Certains j’imaginent trainent dans ce genre de soirée afin de trouver un pretexte pour se « percher » mais ne connaissent rien à la musique ni à l’esprit du clubbing….
En revanche, je mets un bemole pour les Die nacht. Autant, j’ai adoré leurs premiers evenements (je me souviens en partculier d’une after un dimanche aprème dans le XI°, ou d’un soirée dans une biscuiterie à Montreuil) autant je suis plus circonspect quant à ce qu’ils sont devenus par la suite victime (?) de leur succès et de leur notoriété : La dernière Hansel a gretel à Montreuil ne valait pas un kopeck : le soundsystem et le lieu laissaient plus qu’à desirer. Quant au public, je m’abstiens de tout commentaire.
On est à Paris, et je reste convaincu que des bonnes soirées ne peuvent s’envisager qu’en petit comité. On est pas à Berlin ou Londres. Dès que les evenements sont de grande ampleur, on perd forcemment l’esprit rave en se faisant envahir par des gosses de riches têtes à claques.
Bien sur, on preferait ne pas taper sur les organisateurs de soirée. Leur mission est louable quel que soit le resultat. Mais la vie noctune parisienne s’emballe tellement depuis un an, qu’il est necessaire de faire le tri.
Ce WE, je mise sur la Sundae avec Villalobos et tout Perlon. A part le temps, j’espere que tous les autres paramètres seront au beau fixe!
Bien à vous
Olivier
NB : A quand un golden gate à Berlin ?
12 juillet 2012 at 13 h 10 min
Merci pour ton retour !
Personnellement, même si je suis une adepte des soirées dans les clubs relativement intimistes, je suis aussi une grande fan des festivals de grande ampleur, comme les Nuits Sonores, où il s’agit tout de même d’un public averti, ou bien les festivals étrangers comme le Melt! où on a vécu une réelle communion autour du son, avec plusieurs milliers de personnes.
Mais en effet, le public des soirées électro parisiennes est de plus en plus jeune, et c’est de plus en plus problématique pour ceux qui ont à coeur de simplement danser et profiter de la musique. Et de toute évidence, les soirées de types We Love n’aident pas à renverser la tendance.
Quant aux Die Nacht, on est tous d’accord que c’était mieux avant, que l’apothéose a eu lieu à la piscine Molitor, mais comme tu le dis toi même, il est très difficile d’organiser des soirées originales à Paris, et les nombreux obstacles logistiques et légaux ont conduit les organisateurs à se replier sur des lieux plus conventionnels. En revanche, même si tout n’était pas parfait, j’ai globalement beaucoup aimé l’énergie qui se dégageait des Hansel et Gretel, celle avec Daniel Bortz restant une des meilleures soirées passées cette année pour moi
5 octobre 2012 at 11 h 02 min
Ca n’est pas le public qui est de plus en plus jeune, c’est nous qui sommes de plus en plus vieux… On a tous été des gamins pour d’autres à un moment donné, et on le restera toujours.
En tout cas, clairement, les We Love font parties du passé. J’y étais à cette rêverie cauchemardesque, pas eu le courage de rester jusqu’à la fin, j’ai préféré mettre 2 heures à rentrer chez moi en vélo plutôt que de m’obliger à me droguer pour apprécier l’instant.