The Museum of Everything à Paris

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Moi j’aime tout, surtout les lieux itinérants qui présentent de manière originale des œuvres assez inédites. Inventer un musée éphémère et qualitatif, tel est le pari de James Brett qui a pour l’occasion fait appel à  la Chalet Society, association crée par Marc-Olivier Wahler, ancien directeur du Palais de Tokyo.

700 œuvres

70 artistes

1000 m2

A la caisse, qui pourrait aussi vendre du pop-corn, un gentil monsieur en blouse de travail nous demande la somme raisonnable de 5€. Ticket en main nous pénétrons l’école désaffectée de 1000 m2 aménagée pour accueillir le « musée ambulant pour des artistes qui créent sans intention, sans éducation et sans célébration. »

Un couloir, une cour et il suffit de suivre les grosses flèches rouges, de monter l’escalier en plein air, de ranger son appareil photo et d’ouvrir grands les yeux.

 

The Museum of Everything est plutôt bien indiqué
Everything commence on the floor

 

Après avoir accueilli 350.000 visiteurs pour ses installations à la Tate Moderne de Londres et au Garage de Moscou, The Museum of Everything expose à Paris des artistes des 19, 20 et 21ème siècle qui fonctionnent hors de la théorie du marché et de la société de l’art.

Pour ces artistes souvent étiquetés « Art Brut » ou « outsider » l’acte créatif et l’impulsion de faire ne dépend pas de la destination de l’œuvre ou d’une quelconque définition.

Au museum of everything, il est interdit de prendre des photos des oeuvres pour les partager avec ses amis.
Pour les anglais, la peine était encore plus sévère !

 

Nos coups de cœur illustrés par google images :

  • Les travaux d‘Henry Darger (1892-1973) concierge et aquarelliste méconnu en son temps, dépeints des jeunes filles porteuses de zizi dans des mondes aussi extraordinairement oniriques que dangereusement inquiétants.

    Le monde merveilleux d’Henry Darger

 

  • Les autoportraits du russe Alexander Lobanov (1924-2003) qui construisait lui même tout un décor le présentant en héros de guerre avant de se prendre lui- même en photo. A noter, les magnifiques armes en cartons qu’il brandit fièrement. Étrangement attendrissant.

    Alexander Lobanov roi du mauvais goût ?
  • Les dessins de Michael Patterson Carver (1958- nos jours) qui nous parle de la société et du monde actuel qui (malheureusement parfois) nous entoure. Ton sarcastique et humoristique assuré.

    Michael Patterson Carver WORK

Mais aussi les immenses défilés ésotériques d’ouvrière chinoise de Guo Fengyi, les constructions mystiques de l’architecte miniaturiste ACM et les tramways et idéogrammes paranoïaques du néerlandais naïf auto-proclamé Willem van Genk.

En prime, des jumelles agrémentent les fauteuils, permettant aux visiteurs assis de regarder les œuvres d’un point de vue reposant, tandis que de gentils médiateurs expliquent la vie des artistes sur les accords improvisés de musiciens installés à l’intérieur même du musée (rez-de-chaussé).

A l’anglaise, une boutique adjacente à une cafeteria vous permettra d’acheter un todbag et un badge « everything » tandis que votre petite cousine dessinera au crayola sur les sets de table prévus à cet effet.

Donc faites comme nous, allez-y et parlez-en !

 

 

Informations pratiques :

 

The Museum of Everything est ouvert jusqu’au 24 février 2013.  31 mars 3013. Il s’envole pour St-Petersbourg pour la suite de ses aventures.

14, boulevard Raspail

75007 Paris.

Du mercredi au dimanche, de 11 heures à 19 heures.

Site internet (à visiter avec le son et à visiter si on aime les beaux .gif) : http://www.museumofeverything.com/