Well Well Well #3 : fêtons le retour du mook lesbien

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Well Well Well est la seule revue lesbienne en France. Après une naissance remarquée et saluée jusque sur le plateau du Supplément de Canal + et dans le Monde, après un deuxième numéro qui a fait parler de lui grâce à son engagement pour l’emploi d’une grammaire inclusive et égalitaire, Well Well Well sort cette semaine son troisième numéro. La soirée de lancement aura lieu mercredi 26 octobre à « à la folie ». En attendant nous avons cherché à en savoir un peu plus sur ce nouveau numéro. Rencontre avec Marie Kirschen, fondatrice et rédactrice en chef de la revue.

 

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  • Souslajupe : Après Céline Sciamma et Soko, en couverture des deux premiers numéros, on a entendu dire que l’on pourrait retrouver Peaches dans les pages de celui-ci… On peut en savoir plus sur le contenu ?

Marie Kirschen : C’est JD Samson (Men, Le Tigre) qui fait la couv. Et ça tombe bien car Le Tigre vient de se reformer pour sortir une chanson pour soutenir Hillary Clinton.

On a choisi JD pour la couv car on adore son travail ! Dans la rubrique culture, il y a également les interviews d’autres artistes qu’on aime beaucoup : l’écrivaine Sarah Waters, la rockeuse Melissa Etheridge, une des premières stars à avoir fait son coming out… Et effectivement, Peaches : elle est interviewée par Julie Maroh, la Bédéaste du Bleu est une couleur chaude. Mais au sommaire vous trouverez également un portfolio d’affiches féministes, des planches inédites de Lisa Mandel (Super Rainbow) et de Julie Maroh, un grand dossier sur le militantisme lesbien, un reportage sur les lesbiennes en Inde… Les sujets sont riches et très diversifiés !

Est-ce difficile de lancer une nouvelle revue communautaire ? Quels sont les écueils auxquels vous avez été confrontées ?
En fait toute les revues sont communautaires, non ? Dans le sens où elles s’adressent systématiquement à un public particulier. Elle s’adresse à certaines femme, Tennis magazine aux fans de tennis, le Figaro aux lecteur et lectrices de droites intéressés par l’actu… Donc le fait de s’adresser à un public particulier n’est pas un problème.

Par contre, la difficulté à laquelle on est confrontées en ciblant un public de femmes homos, c‘est qu’il est très difficile de financer ce type de presse. En effet, traditionnellement, les journaux tirent une grosse partie de ses revenues de la vente de pages de pub aux annonceurs. Malheureusement, ces derniers ont du mal à voir les lesbiennes comme des consommatrices comme les autres. Les clichés sur les lesbiennes jouent contre nous. Donc, ils ne sont pas vraiment intéressées pour prendre des pages de pub dans une revue qui ciblent les lesbiennes, ils préféreront prendre des pubs dans des magazines dits «féminins», très accès sur la consommation. Du coup, nous sommes obligées de faire cette revue bénévolement, car les sous que nous récoltons grâce à la vente des numéros permet de financer l’impression… mais pas de nous payer.

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  • Envisagez-vous une autre périodicité ? De passer à un format mensuel, par exemple ?

Non, pour les raisons que je viens d’évoquer. Nous sommes toutes bénévoles donc il nous est absolument impossible de produire un numéro par mois. Nous avons toutes un travail à côté. Donc notre périodicité est aléatoire. Mais, au moins, chaque nouveau numéro est très attendu !

  • Pourquoi est-ce si important de produire une presse lesbienne de qualité ?
    C’est important pour nous que la revue soit belle, car on veut que les lectrices soient fières de la lire ! Et puis on laisse une vraie place à la photo, aux dessins, donc c’est aussi pour ça qu’on a choisi un beau papier. C’est le genre de revue qu’on garde, et qu’on peut relire même plusieurs années après, sans que les articles soient datés.

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  • La release party, c’est tendance ? Pourquoi organiser une soirée de lancement ?

Je ne sais pas si c’est tendance mais c’est vraiment un super moment ! Déjà, ça permet à tout le monde de se rencontrer : les lectrices et lecteurs peuvent rencontrer l’équipe mais aussi se rencontrer entre eux… Et on fait toujours en sorte de proposer une belle soirée, avec des expos, des DJ sets etc. Ce n’est pas juste pour boire des bières… même si une bière ne gâche rien!

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En quoi va-t-elle consister cette soirée de lancement, justement ?
Il y aura, bien sûr, un stand, pour acheter la revue, rencontrer l’équipe. Mais aussi une expo, avec les très belles photos de Chloé Nicosia, de Leo Fine-Epine, les broderies de Poline Harbali, une projection des photos de Marie Rouge et des affiches féministes de La Rage. Il y aura aussi une démonstration de sérigraphie. Et bien sûr des DJ sets avec Claude Violante, Cécile B2000 et Pussy Chérie. Bref, le programme est chargé ! En plus il va faire beau. Venez, ça va être cool !

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Well Well Well #3 parution le 26 octobre

Soirée de lancement @ à la folie Paris

Event Facebook : https://www.facebook.com/events/310752835966194/

 

Leslie

Scribouillarde hyperactive